Cheval

Savez-vous pourquoi les Japonais veulent devenir cheval ?

« Parce qu’ils sont déjà Poneys ».

Ce célèbre dicton Samouraï est vieux comme le monde. Une religion depuis que le soleil se lève sur l’empire nippon. Mais le 5 mai 2018, il a été démenti. En soulevant pour la deuxième fois le trophée ultime en BBFL, les « petits chevaux » ont démontré que c’est bien le Poney qui est l’évolution du cheval. Et non l’inverse.

 

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Petit tonnerre

Yakari l’avait sans doute compris avant tout le monde. En associant son destin avec un fidèle poney, le jeune Sioux règne sur les plaines centrales américaines. Samedi, c’était sur les plaines et le rond central d’Auderghem.

 

Il est 19h30 lorsque le trio arbitral d’exception emmène les deux équipes vers la ligne médiane. Toute la BBFL retient son souffle. Cela faisait 16 matchs, 1120 minutes, que les Poneys et les Abeilles attendaient ce moment. La Brabançonne retentit. F.R.I.S.S.O.N.S.
Les deux équipes les plus fortes de la saison se rencontrent pour la troisième fois (1 victoire partout en Conférence A). Très à cheval sur les Play-Offs, les Fiers Po’ disputent leur troisième finale (2014, 2015, 2018). Pour les Bees, c’est une autre histoire. En 2014, elles finissaient leur première saison dans le bas de classement. Mais déjà les observateurs l’annonçaient : « C’est un cheval de Troie ! » Un, deux et Troie saisons plus tard, elles ont connu l’évolution la plus nette de toute la ligue : 7ème, 5ème… finale. « Trop bizz les Blue Bees ? ». Pas du tout. Cette émancipation s’explique en quelques mots : travail, collectif, envie. Talent.

 

A la hauteur du poids de l’événement, le début de match est poussif et les deux équipes peinent à développer leur meilleur football. La pression est là. Et pas que dans les verres des supporters. Mais pas de quoi monter sur ses grands chevaux. Le meilleur arbitre de l’année tient le match en main. Il faudra attendre la 20e minute de jeu pour que la finale s’emballe. Lancée au triple galop, Géraldine Ramaekers s’en va planter sa sixième rose de la saison d’un ballon au sol qui ne laisse aucune chance au dernier rempart adverse. C’est 1-0 et les Bees se rapproche d’un sacre historique. Trop vite peut-être ? A la mi-temps, la confiance est de mise chez les bleues. La prudence aussi. Dans les vestiaires, coach Sohet espère faire mouche auprès de ses abeilles avec cette mise en garde : « un poney dos au mur à tendance à charger ». En face, Sir Moox garde la banane, bien sûr, mais est conscient que les Bees leur ont mis la fièvre. Pendant des heures. Il faudra un remède de cheval pour sortir son équipe de cette ruche. Moox rappelle le scenario tragique de la finale 2015 face aux Boukettes. Menant 1-0 à la mi-temps, les Poneys avaient fini par s’incliner aux … pénaltys. Il est temps de réécrire l’histoire. « C’est le moment », martèle Moox. This is it.

 

Message reçu 5-5. Les pensionnaires de Wezembeek débutent le deuxième acte avec force et rigueur. La pression est sur la défense des Bees. Héroïques tout au long, ces dernières finiront par craquer. A 8 minutes du terme, Elise Mosca récupère un ballon mal dégagé. Il n’en fallait pas plus. La suite, c’est un missile ballistique en dessous de la transversale des Bees. 1-1. Pour la quatrième fois (en 5 éditions), la finale de la BBFL se jouera aux prolongations. Les jambes sont lourdes, mais l’envie est énorme. Malgré les crampes, il y a encore un peu de chevaux dans les moteurs. Les deux équipes mettent leur cœur sur le terrain et jouent leur va-tout. Il reste 5 minutes. Le match s’apprête à balancer. Muriel Wingender récupère le ballon devant le rectangle des bleues. La meilleure artificière des Fières Po’ cette saison ne se fait pas prier. Histoire d’entrer un peu plus dans la légende, Mumu sort de sa boite au bon moment et dégaine une frappe lourde des 20 mètres. Imparable. 2-1.

 

Coup de blues pour les Bees. Coup de tonnerre sur Auderghem. Mais pas d’orage ni de pluie en ce 5 mai rayonnant. Les seuls nuages sont bleus et jaunes, et émanent du kop des Poneys. They are the Champions.

 

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Winter is coming

Au propre comme au figuré. Dans la série à succès comme dans la réalité, les White Walkers ont passé le mur et marchent vers la Gold League. De quoi faire trembler les ténors de l’échelon supérieur ? Sans doute. De nombreux observateurs annoncent les WiWa et les Keskellefoot comme sérieux outsiders au titre suprême. A l’image de leur saison, les deux équipes ont livré une finale solide. Techniquement, tactiquement et physiquement. Mais au bout du compte, les bookmakers avaient misé sur le bon cheval. Ce sont les Marcheuses qui font parler leur magie blanche. Elles l’emportent 2-1. Les bras au ciel. Feel the Magic in the Air.

 

Michelle, capitaine emblématique des WiWa, joueuse de la saison en Magic ? Black Magic Woman, comme le chantait Santana. Pas sûr. En face, les KesKelles s’appuient sur une Elisa-but qui avait visiblement mangé du cheval cette année. Rose d’or incontestée, son compteur personnel affiche 38 réalisations. Record à battre. Qui dit mieux ?

 

En tout cas, il fallait être aveugle pour ne pas voir les KKF le 5 mai. Leurs cheveux verts flash y sont pour beaucoup, bien sûr. Mais c’est surtout leur talent qui a parlé. Rappelant à tout le monde que la vraie révélation cette année, c’était elles ! Première saison BBFL, une finale et un aller simple en Gold League. Qui dit mieux ?

 

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Un cheval, des cheveux. Mais qu’est-ce qu’elles foutent en vert ?

 

A lot of love and affection

 Le spectacle, l’émotion, ce n’était pas juste en finale. Evidemment. Les tacles, les mots, la passion étaient partout. Les Play-Offs nous ont mis une dose de cheval cette année. Alors comment parler du plus grand événement de football féminin en Belgique sans souligner le fair-play des Churu, la classe des Cobras, le collectif des Cougars et le sourire de Monique. Comment clôturer cette saison sans saluer les Golden Blacks qui retrouveront leurs potes Mambas en Magic. La Monkey Family qui se rappellera les bons souvenirs de « ce putain d’art de rue » en affrontant les Foot2Rue. Ambiance scandale ? Pas du tout. C’est tout sourire que les Géantes d’XL et les Racoons, à cheval entre deux divisions, sont passées tout près de la Gold League. Tout tout près même pour les Flying qui s’inclinent aux tirs aux buts face aux Warriors.

 

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Les Warri”or” restent en Gold l’année prochaine

 

On a aussi enfin compris pourquoi les Angry Birds sont si fâchées. Tout simplement parce que les Angry Bugs leur ont volé toutes leurs plumes et les ont transformées en or. Les petits Philou… Leur Anti-guide pour survivre à un match de football contre les Blue Bees par nuit très froide est d’ailleurs un chef d’œuvre littéraire incontournable. Un Must Read bouleversant. Renversante fut la prestation des Wildcats, ce cheval blanc qui était mon idole, et qui grimpent sur le podium pour la 4e fois en 5 éditions. Et puis, il y a la générosité débordante des Tigres qui remportent le Play Beyond en offrant à nos amies du Bengale beaucoup de bonheur et de partage. Il faut dire que Clémence Goetleven aura bien aidé, même si elle finit deuxième Rose d’or de Gold suite à une mauvaise stratégie au Pierre-Papier-Ciseau décisif face à Ariane Steisel. Putain de papier. Mais surtout. Il y a eu tellement de love. Tellement d’affection. Tellement de Bertinchamps. Un peu trop peut-être. Tellement de soleil. Dans le ciel et dans les cœurs. Etait-ce le paradis ? Il y avait beaucoup d’anges en tout cas.

 

 

Voilà, c’est fini

Voila, c’est fini. Peut-être qu’après demain, je te retrouverai. Mais la BBFL cette année, c’est vraiment fini. Comme Capri. Et comme chaque fois, je suis partagé entre le bonheur de l’intensité vécue et la nostalgie du moment passé. Comme Mélanie Georgiades*, je reste dans ma bulle. Mais je ne suis pas seul. Je me raccroches à la vie. Alors merci.

 

Merci à vous toutes. Merci au ref’, au fairplay, au fun, à nos copines en Inde, aux supporters, aux Diables qui vont nous faire vibrer. Merci à Robbie Williams et à Jean-Luc Lahaye. Et bravo aux Poneys qui ont conquis la BBFL. Impériales. Désormais, la prochaine fois qu’on te demandera quelle était la couleur du cheval blanc de Napoléon? Tu seras qu’en réalité c’était un poney. Et qu’il était bleu et jaune.

 

Belgian Babes Football Love,

प्लेफोरफूं

 

Rodrigo

 

*Ou Diam’s si tu préfères.